Douze plateformes, trois familles, un exercice inédit
Le panel réunit trois catégories d’outils. Les adservers d’abord, avec FreeWheel, ViewPay et Microsoft Monetize. Les SSP ensuite, avec Equativ, Magnite, FreeWheel et Microsoft Monetize. Les DSP enfin, avec Adform, Criteo, HAWK, Google Display & Video 360 et Stamp. Alliance Digitale présente ce panorama comme un premier exercice du genre et remercie chaque contributeur pour sa transparence. C’est un détail qui compte, l’association précise elle-même que les chiffres qui suivent sont déclaratifs et non audités.
L’objectif affiché tient en trois axes. Le premier consiste à développer l’usage des fonctionnalités qui réduisent l’empreinte carbone des campagnes. Le deuxième vise à faciliter les échanges d’information RSE entre acteurs du marketing digital, utiles pour le reporting extra-financier comme pour les appels d’offres. Le troisième cherche à identifier les pistes de progression de l’univers adtech sur le plan environnemental.
Le contexte que le panorama rappelle en préambule
Deux chiffres cadrent le sujet avant même d’entrer dans le détail. Le numérique représente 11 % de la consommation électrique française et 4,4 % de son empreinte carbone, un poids qui grimpe vite du côté des datacenters. La publicité, elle, peut représenter jusqu’à 25 % de l’impact carbone du visionnage de contenus vidéo, surtout pour les usages en télévision de rattrapage. Ces deux constats viennent d’organismes publics, l’ADEME et l’Arcep en 2025 pour le premier, l’ADEME, l’Arcom et l’Arcep en 2024 pour le second.
Ce ne sont pas des chiffres que nous produisons chez Cutz, nous nous contentons de les reprendre, comme Alliance Digitale elle-même. Ils expliquent bien pourquoi une fonctionnalité aussi modeste en apparence que la réduction du poids d’un fichier vidéo pèse autant dans la balance.
Ce que le panorama révèle sur la compression vidéo publicitaire

La compression vidéo publicitaire n’est pas le seul indicateur suivi par Alliance Digitale, mais c’est clairement celui qui domine les résultats côté DSP.
| Éco-geste | Périmètre mesuré | Taux déclaré |
|---|---|---|
| Compression des créations, poids réellement délivré, alerte poids excessif | DSP | 80 % |
| Transparence sur le ciblage Wifi et le type de terminal | DSP | 70 % |
| Initiatives de décarbonation de l’énergie utilisée | Les 10 adtechs | Plus de la moitié |
| Serveurs hébergés en France | Les 10 adtechs | Près de la moitié |
Le traffic shaping et le bid throttling, qui consistent à réduire le nombre de requêtes envoyées aux serveurs, sont quasi généralisés côté SSP et DSP. La transparence sur la chaîne de valeur programmatique, ce qu’on appelle le SChain, progresse dans les mêmes proportions. Le suivi de l’empreinte carbone comme indicateur de pilotage progresse tout autant, la plupart des outils interrogés le permettant désormais grâce à une connexion à un outil tiers ou à un calculateur propriétaire.
Les chiffres que chaque plateforme avance sur ses propres gains
Plusieurs adtechs ont chiffré le gain de leurs éco-gestes, et le panorama rapporte ces chiffres tels quels, sans les harmoniser ni les auditer. Toutes les valeurs ci-dessous représentent une réduction, on a retiré les signes négatifs que certaines plateformes utilisent dans leur propre communication, pour que la lecture reste cohérente d’une ligne à l’autre.
| Plateforme | Catégorie | Levier déclaré | Réduction avancée |
|---|---|---|---|
| Equativ | SSP | GreenPMPs, données Scope3 | 30–50 % |
| Adform | DSP | Carbon Reduction powered by Scope3, +640 campagnes | 63 % |
| Stamp | DSP | Pack low carbon, ciblage jours/heures/device | 50–83 % |
| ViewPay | Adserver | Compression et ciblage, donnée tierce OneFrame | 90 % |
| Criteo | DSP | Compression d’images isolée du traffic shaping | 2 kT + 300 T CO₂e/an |
La ligne Criteo mérite qu’on s’y attarde un instant. C’est la seule plateforme du panel à distinguer clairement ce qui vient de la compression de ce qui vient du traffic shaping, ce qui témoigne d’une vraie rigueur dans leur reporting. La nuance, c’est qu’il s’agit ici de compression d’images et non de vidéo. Toutes les autres lignes agrègent plusieurs leviers dans un seul pourcentage. C’est plus simple à communiquer, mais ça complique la tâche de qui cherche à comprendre précisément ce qui a fait la différence.
« le poids des créations et des vidéos » doit rester l’urgence numéro un du secteur, avec un travail de fond sur la sensibilisation des marques, la formation des agences de création et la vérification systématique du poids dans les plateformes de diffusion.
Adeline Gabay, responsable de la Commission Sustainability, Alliance Digitale — propos rapportés par CB News, juillet 2026
Ce que le panorama pointe lui-même comme angle mort
C’est le passage le plus intéressant pour nous, et il n’a pas été beaucoup repris dans la presse. Alliance Digitale écrit noir sur blanc que des progrès notables restent à faire sur les fonctionnalités permettant une réduction du poids des créations côté adserver, ainsi que sur l’intégration du format vidéo VAST 4.2 côté DSP. Autrement dit, la brique la plus mûre du dispositif, la compression déjà présente chez 80 % des DSP, reste aussi la moins travaillée à l’étage juste avant, là où la création atterrit une fois livrée par l’agence.
La fiche Stamp comporte d’ailleurs un détail révélateur. La plateforme précise elle-même que certaines de ses fonctionnalités, dont la compression des créations, sont opérées en arrière-plan et ne sont pas visibles côté interface utilisateur. Cela illustre bien une réalité assez générale du secteur. L’acheteur média qui pilote sa campagne n’a, la plupart du temps, aucune visibilité sur ce qui a réellement été réduit, ni de combien.
Compression, encodage, une nuance qui compte
Le panorama parle de compression du début à la fin, et c’est le bon terme pour désigner ce que font des adservers, des SSP et des DSP, une réduction de poids appliquée en bout de chaîne, souvent en arrière-plan, sur un fichier déjà livré. Chez Cutz, on parle d’encodage, et cette nuance n’est pas cosmétique. Il s’agit de bien encoder le fichier vidéo en amont, par codec et par destination, en préservant la qualité perçue avec un VMAF supérieur à 95, plutôt que de compresser à l’aveugle un fichier existant.
C’est aussi pour cette raison que Cutz ne figure pas, et ne pourrait pas figurer, dans ce panorama. Nous ne sommes ni un adserver, ni une SSP, ni une DSP. Nous intervenons une étape avant, sur le fichier créatif lui-même, avant qu’il n’entre dans la chaîne que le panorama a analysée.
Trois preuves où l’encodage agit seul
Le panorama documente un mouvement collectif, avec des chiffres agrégés et déclaratifs. De notre côté, nous pouvons montrer l’inverse, des cas (tels que celui présenté ci-dessous) où le seul levier actionné est l’encodage, mesuré isolément, avant même la diffusion.
Pour France Télévisions, l’encodage Cutz permet une diffusion en UHD à 3,2 Mbps en HEVC, pour une qualité perçue supérieure à une diffusion Full HD à 6,6 Mbps. Pour GRDF, avec Arena Media chez Havas, l’encodage a réduit le poids des fichiers de 89 %, pour 223 tonnes de CO₂ évitées, un dossier récompensé de l’Or aux Nuits des Rois 2025. Pour le Groupement Mousquetaires, avec Zenith, 473 vidéos encodées en préservant un VMAF supérieur à 95 ont permis d’éviter 753 tonnes de CO₂, ce qui leur a valu l’Argent aux Nuits des Rois 2026.
Dans les trois cas, la logique reste la même. On encode, les fichiers deviennent plus légers, la qualité reste intacte, et la conséquence mécanique d’un fichier plus léger est une diffusion plus sobre en énergie. Quand une estimation en CO₂ est communiquée, elle s’appuie sur les abaques ADEME, Afnor et Arcep, jamais sur une mesure ou une certification propriétaire, parce que ce n’est pas notre rôle. Nous sommes un encodeur, pas un mesureur carbone. C’est justement ce qui rend ces chiffres complémentaires de ceux du panorama plutôt que concurrents.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le panorama des éco-gestes des adtechs ?
Il s’agit d’une étude publiée par Alliance Digitale en juillet 2026, qui recense les fonctionnalités environnementales proposées par douze plateformes adtech, réparties entre adservers, SSP et DSP.
Quelle place tient la compression vidéo publicitaire dans ce panorama ?
Elle ressort comme la fonctionnalité la plus répandue, avec 80 % des DSP interrogés qui la proposent déjà sous une forme ou une autre. Le panorama précise toutefois que le sujet reste moins mûr côté adserver.
Quelle différence entre compression et encodage vidéo ?
Dans le vocabulaire des adtechs, la compression désigne une réduction de poids appliquée à un fichier déjà livré, souvent en fin de chaîne. Chez Cutz, l’encodage intervient plus tôt et réencode chaque fichier par codec et par destination pour réduire son poids sans dégrader la qualité perçue.
Sources
- Alliance Digitale, Panorama des éco-gestes des AdTechs — https://www.alliancedigitale.org/publication/sustainability-alliance-digitale-publie-le-panorama-des-eco-gestes-des-adtechs/ · 7 juillet 2026
- Alliance Digitale, Baromètre d’adoption des éco-gestes de l’achat média programmatique — https://www.alliancedigitale.org/publication/barometre-dadoption-des-eco-gestes-de-lachat-media-programmatique-mesurer-lappropriation-cote-acheteurs/ · 7 juillet 2026
- CB News, Alliance Digitale souhaite accélérer l’adoption des éco-gestes — https://www.cbnews.fr/digital/alliance-digitale-souhaite-accelerer-adoption-eco-gestes · juillet 2026
- The Media Leader FR, Alliance Digitale publie deux livrables pour accélérer l’adoption des éco-gestes — https://fr.themedialeader.com/publicite-programmatique-alliance-digitale-publie-deux-livrables-pour-accelerer-ladoption-des-eco-gestes/ · juillet 2026
ADEME, janvier 2025, et enquête Arcep « Pour un numérique soutenable », 2025, citées dans le Panorama Alliance Digitale.
ADEME, Arcom, Arcep, étude sur l’impact environnemental des usages audiovisuels en France, 2024, citée dans le Panorama Alliance Digitale.